Depuis plusieurs années déjà, l’ADVS, membre du CAPAT ( Collectif pour une Alternative aux Pesticides de l’Agglomération Toulousaine),
montre sa détermination pour porter le débat sur les pesticides, là où les habitants sont concernés au premier chef, notamment dans notre région du Lauragais. Les grands champs couverts de blé,
de tournesol, de colza, ou de sorgho enchantent certes les regards, mais c’est dans ces grandes cultures que sont encore et toujours employés à grandes doses les pesticides.
Bien que l’on puisse constater quelques progrès dans la protection des utilisateurs, des consommateurs et de l’environnement, il n’en reste pas
moins que d’énormes problèmes subsistent.
La MSA (Mutuelle Santé Agricole) ayant reconnu les problèmes sanitaires pour les agriculteurs qui sont les premiers concernés (maladies comme
les cancers liés aux pesticides) fait son travail d’explication et de prévention auprès des professionnels. Où en est-on des études locales sur les conséquences pour les habitants entourés de ces
champs ?
Pour éviter un trop grand impact sur l’environnement, notamment l’eau, des bandes enherbées ont été mises en place grâce aux directives
européennes. Cependant, une enquête du Ministère de l’environnement, sur l’eau, de 2008, nous a appris que la bonne qualité de l’eau de nos rivières et ruisseaux ne sera pas atteinte en
2015 : les eaux de surface et les nappes profondes sont presque irrémédiablement polluées. D’ailleurs, à plusieurs reprises, la France a été condamnée pour le non respect des lois
européennes sur l’eau … Le savions-nous seulement ?
Notre eau du robinet venant de la Montagne Noire est certes de bonne qualité, mais l’eau polluée, ici, en Lauragais, est utilisée en aval pour
la fabrication d’eau potable, par exemple à Toulouse où vivent et travaillent une grande partie des habitants de notre région. Ce scénario est plus ou même identique pour toutes les régions de
France concernées par l’Industrie ou la grande agriculture. Des études sur l’eau usée à Toulouse, menées par le Cémagref (organisme de recherche spécialisé en sciences et technologies pour
l'environnement) et Suez Environnement, nous apprennent que 85% des composés jugés « prioritaires » par l’Union Européenne sont totalement éliminés (quid des 15 restants ?) et que
50% des médicaments, hormones et pesticides sont éliminés à hauteur de 70%. (Quid des 50% et 30 % des 70% ?). Pour plus d’efficacité, ces organismes préconisent de nouvelles techniques
affinées (jusqu’à 20% plus efficaces) qui …. augmenteront le prix de l’eau ( !).
Si on considère que 50% au moins de ces produits chimiques restent, que nous connaissons des
sécheresses concentrant les polluants dans l’eau et enfin, que les conséquences de l’accumulation des substances et de leur métabolites (les produits décomposés des produits principaux) ne sont
pas ou mal connues, alors, on peut raisonnablement s’attendre à des problèmes sanitaires à long terme si rien n’est fait.
En France, certains des toxiques sont interdits, mais certains agriculteurs et viticulteurs n’hésitent pas à se les procurer en Espagne, proche
d’ici. Des procès ont eu lieu, mais qu’en est-il d’une législation européenne cohérente pour éviter des tentatives d’infractions ?
Après le Grenelle de l’Environnement qui a tenu compte des problèmes provoqués par les pesticides, le Ministère de l’Agriculture a mis en place
le plan Ecophyto 2018*. Des CROS (Comité Régionaux d’Orientation et de suivi du plan Ecophyto 2018) se mettent en place et l’on a, d’ores et déjà, mobilisé 300M d’euros pour la période 2OO8-2011.
Peu connue du grand public, cette initiative mérite d’être suivie de près car des pressions diverses tendent à la rendre inopérante dès le début.
Ces problèmes nous concernent tous et doivent sortir du domaine des spécialistes pour être compréhensibles par nous tous, utilisateurs de
pesticides, consommateurs, jardiniers amateurs, collectivités locales, qui ne sommes ni toxicologues ni spécialistes en quoi que ce soit, mais dotés d’un simple bon sens.
C’est pour cette raison que l’ADVS, dans le cadre de la semaine « pour les alternatives aux pesticides » se propose de faire, chez
nous, en Lauragais, au plan local, un sondage auprès des acteurs « ès phytosanitaires », conseillers, vendeurs, utilisateurs : que pensent-ils des pesticides ? Que
connaissent-ils ?, Que conseillent-ils ?, vendent-ils des alternatives aux pesticides ?
Nous espérons mettre en lumière la situation actuelle, ceci sera notre contribution à la semaine des alternatives aux pesticides qui a lieu du
22 au 27 mars. Nous publierons sur ce blog les résultats de nos investigations et les réponses de ceux qui auront bien voulu nous recevoir. Résultats auxquels vous, chers lecteurs, pouvez ajouter
vos avis et sentiments.
*Le plan Ecophyto, mis en place par le Ministère de l'agriculture et de la pêche à la suite du Grenelle de
l'environnement et à la demande du Président de la République, vise à réduire de 50 % l'usage des produits phytosanitaires en agriculture, à l'horizon 2018, si possible. Il s'agit à la fois de
réduire l'usage de ces produits et de limiter l'impact de ceux qui resteront indispensables pour protéger les cultures des parasites, des mauvaises herbes et des maladies.