On ne parle pas beaucoup du projet de loi    adopté, mercredi 17 juin, en deuxième lecture, par l’assemblée nationale : le projet de loi "Grenelle I", fixe les grandes orientations de la France en matière de transports, d'énergie et d'habitat dans le souci de préserver l'environnement et le climat. Ce texte a été adopté par quatre cent soixante-six voix contre cinq et vingt et une abstentions.

Il faut signaler l'adoption d'amendements qui ont consisté à diminuer le projet initial :
•    Les niveaux de performance exigés pour la rénovation thermique et la construction des logements ont été nettement abaissés.
•    La taxe poids lourds est affaiblie,
•    les centrales à charbon sont relancées,
•    les pesticides bénéficient de dérogations pour échapper aux objectifs de réduction,
•    les projets d'autoroute sont confirmés




Deux ans après le lancement du Grenelle, la majorité des engagements s’atténuent toujours plus alors que les effets médiatiques des discours politiques ne cessent d’augmenter. Notre vigilance demeure plus que jamais intacte et notre ardeur à résister plus que jamais redoublée.







LA COMMISSION PARTICULIERE DE DEBAT PUBLIC (CPDP)

•    Rôle de la CPDP

Le rôle de la CPDP dont les membres sont neutres et indépendants par rapport à la nature et au lieu de réalisation du projet est d’assurer un débat sur l’opportunité, les objectifs et les caractéristiques de projet d’achèvement de la mise en 2x2 voies de la liaison Castres-Toulouse par mise en concession, présenté par la DREAL, maître d’ouvrage (MO).
La CPDP, qui n’a pas à donner d’avis à ce projet, veillera, dans l’organisation des débats,  à l’application des trois principes suivants :
− équivalence des intervenants,
− transparence de l’information et de l’organisation,
− argumentation des propos.
Le débat ne permet pas de compter les pro-autoroutiers et les contre-autoroutiers, il n’y a pas d’applaudimètre, mais il s’agit de repérer tous les arguments et en rendre compte.

•    Planning de réalisation du Débat Public

En ce qui concerne les délais :
•    Le MO (DREAL) a 6 mois pour rédiger son dossier ;
•    Puis la CNDP/CPDP valide le dossier et les dates du débat (durée maximale de 4 mois).
•    Ensuite le compte rendu et le bilan du débat seront faits 2 mois après ;
•    Enfin, viendra la décision du Maitre d’ouvrage 3 mois après (avec publication au J.O.)


Le débat (durée 4 mois) se clôturera vers le 20 janvier 2010. Le compte-rendu de la CPDP (délai 2 mois) devrait être connu après les campagnes régionales. Le maître d’ouvrage a trois mois pour faire connaître sa décision.



Association de Défense de la Vallée de la Saune (ADVS)



1.    Son identité

C’est une association qui a pour objet : «  la défense et la protection de l’environnement et du cadre de vie de la vallée de la Saune et du Lauragais. ».

•    Elle a été fondée en 1994 suite à l’agression de la vallée par un projet d’aérodrome. Elle a eu gain de cause.

Ses axes de résistances :

•    Le contournement autoroutier de Toulouse qui devait déchirer le Lauragais. En lutte avec dix autres associations, ce projet a été « repoussé ». Actuellement, elle continue son engagement contre la liaison autoroutière Castres –Toulouse.
•    L’eau : ressources et pollution. Les substances phytosanitaires sont au centre des préoccupations.


2.    Ses actions

Sur la thématique de l’eau :

•    29-31 mai 2008 : Participation aux « Journées Nature » impulsées par le conseil régional midi pyrénées. La manifestation « l’Eau dans tous ses Etats » a été portée conjointement par le Club CNRS Sciences et citoyens, les 100 Talents de Tarabel, le Foyer Rural de Caragoudes et l’Association de Défense de la Vallée de la Saune. Des conférences et débats se sont succédés avec divers acteurs (des scientifiques, professionnels) ; Des jeux et des ateliers ont été proposés aux enfants de tous âges.

•    14 octobre 2008 :  L’ Association Défense de la Vallée de la Saune, le Collectif Verte Saune, l’ Association les 100 talents ont organisé une soirée d’informations sur l’enquête publique sur le projet de gestion de l’eau dans le bassin Adour Garonne.

•    19-25 janvier 2009 : A Tarabel, les trois associations « défense de la Vallée de la Saune », « les 100 talents », « le collectif verte saune » ont proposé une exposition pédagogique, « Préserver l’eau, protéger la vie » (de l’UMINATE) à destination de la population. Plus d’une centaine de personnes sont venues s’informer sur la problématique de l’eau et les gestes « écocitoyens ». L’école primaire de Tarabel a pu approfondir à loisir connaissances et expériences.

•    28 février 2009 : Participation aux états généraux sur l’eau à Toulouse.

•    25-27 mars 2009 : Dans le cadre des la semaine sans pesticides, l’ADVS met en place l’exposition « Zéro pesticides » (de l’UMINATE) ainsi que des interventions de scientifiques (médecins, toxicologues) sur le thème pesticides et santé.

3.     Son bilan

L’ADVS, petite association (50 adhérents en 2008), essaie de résister dans son milieu rural aux agressions multiples dont son cadre de vie est l’objet. Les sujets sont multiples et les forces disponibles sont modestes comme dans toutes les associations.
L’ADVS a choisi de mener des campagnes d’informations vers la population, vers les élus, vers les institutionnels des secteurs concernés : Ce sont des réunions publiques, des conférences, des débats, des animations d’une part, et d’autre part, une intense activité administrative notamment en termes de courriers envoyés aux instances, organismes et autres institutions responsables de ces sujets qui l’affectent.
 Les résultats sont difficiles à évaluer : Sur les autoroutes, l’union avec de nombreuses autres associations a porté ses fruits. Nous remarquons qu’en se mettant sur le même terrain du marketing politique des professionnels de la politique, de droite comme de gauche,  qui sévit en ce moment, nous obtenons des résultats satisfaisants.
Mais sur les problèmes de santé liés aux substances phytosanitaires, nous sentons nos limites comme l’ont senti nos prédécesseurs avec les problèmes de l’amiante : Professionnels, syndicats, industriels, scientifiques, consommateurs, politiques, ne sont pas ignorants concernant les dangers de ces substances. Seulement, dans la hiérarchie des peurs, la peur des pesticides n’est pas encore à la mode. Les lobbies imposent leurs produits. Et les politiques, quels qu’ils soient, se contentent de suivre.
Savoir et faire savoir, demande beaucoup de savoir faire pour faire entrer ces débats dans l’espace médiatique. C’est bien là le rôle de nos associations.
Enfin, nos luttes ne peuvent jamais se déconnecter des contextes politiques dans lesquels elles s’insèrent : Si les codes de la communication politique sont  déchiffrables aisément, et si l’on comprend bien que l’enjeu de la communication est important pour faire basculer les représentations sociales de la population, cet aspect technique maîtrisable est insuffisant. Il ne peut cacher la prise de conscience des conséquences catastrophiques d’une économie de marché productiviste et destructrice. La raison marchande domine la vie sociale. Et là, nous touchons les limites de l’implication associative. Des options d’engagement politique sont à prendre pour lutter et militer.  Rendez vous sur d’autres terrains.




Caraman le 14 mai de 20h45 à 24h.

Pesticides : Agriculteurs, médecin, épidémiologiste-cancérologue, Maraîchers, céréaliculteurs, élus du canton étaient réunis à la halle de Caraman pour débattre sur le thème des pesticides utilisés dans l’agriculture.

Pascale Grosclaude, épidémiologiste, introduit cette réunion en présentant les conséquences de l’utilisation de ces substances phytosanitaires. Celles-ci voudraient protéger les cultures mais n’épargneraient pas les hommes qui les répandent. Après avoir présenté le système de surveillance des cancers en France et les principales incidences des cancers, la responsable du registre des cancers du Tarn a proposé, à partir de quelques exemples de pathologies (poumon, hémopathie) une explication des liens entre cancers et facteurs environnementaux. Sachant qu’une cellule normale évolue vers une cellule cancéreuse en plusieurs étapes, certains polluants pourraient avoir un effet sur la progression tumorale donc favoriser la dissémination et les métastases. Enfin, il y a un doublement du risque chez les enfants dont la mère a utilisé des pesticides durant la grossesse ou dans les mois qui ont suivi la naissance d’être atteints par des hémopathies. Le public très attentif, a bien compris qu’en santé environnementale, le dispositif d’alerte s’améliore avec difficulté : les obstacles sont effectivement nombreux en France pour savoir combien de personnes sont malades du cancer et pour les identifier. Cependant nos observations quotidiennes nous montrent combien les agriculteurs sont les premières victimes de ces expositions aux pesticides.
Didier Rod a continué la description des affections que rencontrent ces professionnels. Il a insisté sur les perturbations endocriniennes et les atteintes du système nerveux central. Enfin, des résultats de nouvelles recherches mettent en avant des apparitions de diabète. Le médecin qu’il est, doublé de son expérience d’ancien député européen, en a profité pour inciter son public à prendre conscience des conséquences de pratiques non maîtrisées concernant les pesticides. Enfin il l’a invité à mobiliser les élus afin que ceux-ci commencent à prendre  des mesures simples, comme l’entretien des voieries sans utilisation de désherbants.
Un long et très riche débat a suivi ces interventions. Les personnes présentes ont tout de suite perçu la complexité de la situation qui ne peut se résoudre par la suppression immédiate des pesticides. Un agriculteur intéressé par ce souci de diminution des substances phytosanitaires a montré la multiplicité et l’enchevêtrement des facteurs dont il dépend. Des techniques plus économes en pesticides sembleraient pour lui plus complexes à mettre en œuvre. Cela génèrerait des coûts notamment  liés à la conversion de ces techniques et à la formation nécessaire pour les appliquer. En outre, il est apparu, au fil des discussions, que cette dépendance technique et économique de ce type de production agricole vis-à-vis des pesticides était liée aux exigences de la distribution et de celles des consommateurs qui recherchent des produits « zéro défaut » et qui se conservent longtemps. Enfin, pour d’autres, les conseils en protection phytosanitaire, la vente des intrants, voire la collecte des récoltes, étant assurés par les mêmes structures ne faciliteraient pas leur changement de mode de culture.
A ces agriculteurs qui se questionnent sur les modifications de leurs objectifs de rendement élevé que pourraient entraîner, selon eux, des techniques alternatives à l’emploi des pesticides, un maraîcher a présenté ses façons de produire autrement ; C’est surtout pour lui, une obligation urgente de répondre aux contaminations des milieux, aux impacts environnementaux et aux effets désastreux sur la santé humaine qu’il observe sans attendre les résultats des dispositifs de surveillance et de mesure qui sont toujours insatisfaisants dans leur méthode de quantification.
Le débat s’est conclu alors sur des réflexions générales interrogatives sur le modèle de société qui contraint les acteurs à produire toujours plus dans leur secteur au mépris des conséquences sociales et de leur bien-être. Plus que de trouver de meilleures solutions aux évolutions réglementaires ou économiques, les professionnels de l’agriculture souhaitent de réelles mesures d’accompagnement pour faciliter leur conversion à d’autres stratégies de protection des plantes. Face à ces problèmes qui touchent l’ensemble de la société, c’est sur une invitation à la solidarité et au dialogue pour trouver des solutions ensemble que les participants se sont séparés.
Les associations organisatrices (« Lauragais nature », « le collectif verte Saune » et « l’association de défense de la vallée de la Saune »)  ne peuvent que se féliciter de tels échanges qui en appellent d’autres sur ce mode libre et sans concessions.








"Du 13 au 15 mai 2009 a eu lieu à l'Ecole Supérieure d'Agriculture de Purpan la réunion nationale du « Groupe Français des Pesticides ».
Le CAPAT (Collectif pour des Alternatives aux Pesticides de l'Agglomération Toulousaine), à l'initiative de l'ADVS qui en fait partie, a porté le débat là où "le bât blesse", à l'entrée de l'ESAP avant l'ouverture du congrès pour une distribution de tract et d'information.
Cette manifestation a été l'occasion de discussions très intéressantes avec des étudiants de l'école et des chercheurs se rendant au congrès, souvent sensibilisés aux problèmes liés aux pesticides et proches de nos préoccupations et opinions exprimées dans le tract. Certains chercheurs regrettaient d'ailleurs que leurs résultats ne soient pas suffisamment connus à défaut d'une possibilité de diffusion plus large.
Une manifestation importante pour appeler au dialogue plus que nécessaire...

Le prospectus distribué :

Aux participants du CGFP mai 2009

CHERCHEURS, LA SOCIÉTÉ CIVILE S’ADRESSE À VOUS

Vous qui souhaitez travailler pour le bien public, pour l’intérêt général, vous connaissez sans doute le bilan de l’utilisation massive des désherbants et autres pesticides de synthèse :

-    Problèmes graves de santé publique (infertilité, cancers, atteintes neurologiques…),
-    Sols en voie de stérilisation et déséquilibre des écosystèmes,
-    Contaminations des rivières et des nappes : la réduction de la pollution par les pesticides est l’enjeu numéro un, reconnu par l’agence de bassin pour atteindre le bon état de l’eau.
-    Effondrement de la biodiversité.
-    Dépendance accrue des plantes cultivées aux intrants et résistance des ravageurs.

Le meilleur pesticide est celui qui n’existe pas

Les produits de synthèse ne répondent pas au « langage universel du vivant » (ex : le principe de chiralité lié à l’atome de carbone) et sont donc très mal reconnus par les organismes de dégradation : ils s’accumulent pendant de longues années dans l’eau, le sol et l’air, perturbant gravement l’environnement,  puis le métabolisme des organismes qu’ils finissent tôt ou tard par contaminer.

Le savez-vous ? Ne plus utiliser aucun pesticide est possible

La FAO a montré que l’agriculture biologique pouvait nourrir 9 milliards d’êtres humains.

Au sein de votre institution de recherche, combien de projets sont orientés vers une agriculture alternative respectant l’environnement et les hommes ? Quel est le pourcentage de ces budgets alloués ? Acceptez-vous ces orientations ?
Nous savons bien que ce sont les industriels qui, en arrière plan,  fournissent des contrats et permettent à beaucoup d’entre vous de travailler. Mais aujourd’hui, la science se doit d’écouter aussi les citoyens : la demande pour une alimentation saine est de plus en plus forte et la production actuelle n’y suffit pas, alors qu’elle peut être rentable.
81% des français estiment que limiter l'utilisation des pesticides dans l'agriculture est une priorité (sondage IFOP du 9 septembre 2007).

Arrêtons la fuite en avant, dont le seul but est de légitimer l’utilisation actuelle ou la recherche de molécules nouvelles, pour le profit de quelques-uns. Les pesticides ne font que contribuer à la ruine de l'agriculture paysanne et n'enrichissent que les multinationales et les banques.

La recherche publique doit écouter la demande du public et pas uniquement celle de l’industrie. Elle doit rester un service public.

Il est temps qu’apparaissent des lieux d’échange entre scientifiques et citoyens, c’est pourquoi nous nous déclarons ouverts à toute discussion avec vous.


Signé :  le collectif pour des alternatives aux pesticides de l’agglomération toulousaine (CAPAT*) et le Groupe « Science, Environnement et Citoyenneté »  (sous l’égide de Récit).



*CAPAT : ADPSL-Alternalys, AMAP, Appétit des Possibles, Artisans du Monde, ART'iDéO, ADVS-AssoDéfense Vallée de la Saune, ATTAC31, Amis de la Terre Midi-Pyrénées, Chiche, Confédération Paysanne 31, DIRE, EAU Secours31, ERABLE, Ferme de la Bouzigue, Festival Mondial de la Terre-Terralliance-MidiPyrénées, Greenpeace-Toulouse, MISS-Mouvement d'information Santé du Sein, SOLIDARITÉ pour le soutien aux malades, Tournefeuille Collectif pour une Alternative aux Pesticides-MDRGF, VertTendre, avec le soutien de la Fédération UMINATE.


CAPAT chez Amis de la Terre Midi-Pyrénées, 22 place du Salin 31000 Toulouse.


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