LES PESTICIDES

 

Tribune lue dans RUE 89 :

Article de Marie-Christine Blandin (Sénatrice Verte du Nord )  le 04/05/2010

 

 

    L'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques vient de livrer un très étrange rapport d'information sur les pesticides et la santé. Signé du député Claude Gatignol et du sénateur Jean-Claude Etienne, il marque un retour en force de la promotion d'une agriculture inféodée à l'industrie chimique.

Et il fait fi de la préservation des écosystèmes, des ressources en eau et en sol, de la qualité des aliments, des revenus et de la santé des paysans.

Au moment du vote de ce texte, il n'y avait plus que 10 parlementaires présents sur 36. Je suis la seule à avoir voté contre. Je vous livre ici mes réflexions après avoir feuilleté avec assiduité le rapport, que les parlementaires n'ont découvert que le jour de sa présentation.

Comme par hasard, juste avant le Grenelle 2

    Déposé sur la table une semaine avant l'examen du Grenelle 2 à l'Assemblée nationale, il participe au retour de flamme dont la prise en compte de l'environnement est victime depuis quelques mois.

Son sujet, les pesticides, est abordé par la juxtaposition d'auditions, et d'opinion contradictoires.

Mais les alertes des scientifiques sur les éventuels risques de ces produits ne sont pas prises en compte. L'incertitude, quand elle est mise en avant, l'est toujours au bénéfice des mêmes.

Le ton est donné dès l'introduction :

« L'agriculture s'est construite autour de l'utilisation des produits phyto-pharmaceutiques, moyen de proposer des produits végétaux de qualité et d'aspect irréprochables tels qu'attendus par le consommateur. »

Les abeilles ne seraient pas menacées de disparition

    Le rapport est truffé de conclusions intermédiaires à la rédaction ambiguë. Par exemple, il est écrit :

« En France, les statistiques nationales ne permettent pas à ce jour de chiffrer précisément un phénomène de surmortalité touchant les ruchers du territoire national. »

    Certes. Mais ainsi écrit, sans aucune conclusion tirée des morts d'abeilles et des doléances des apiculteurs, le lecteur pourra en déduire qu'il n'y a pas d'hécatombe visible.

La publication sert de cheval de Troie aux dispositifs de l'agriculture des grands groupes. L'agriculture dite « raisonnée » y est promue comme modèle, alors que chacun sait qu'elle repose sur des engagements a minima, qui équivaudraient pour un automobiliste à certifier qu'il ne brûlera pas les feux rouges et qu'il s'arrêtera au stop.

Attention à ne pas baisser trop brutalement les pesticides

    Une vingtaine de pages présentent les OGM comme alternative, alors que leur implantation favorise l'usage de pesticides associés, comme les céréales « Roundup ready » ou bien qu'elles sécrètent en elles-mêmes les insecticides.

    Le ton est donné :

« L'engagement du Grenelle de l'environnement de réduire l'usage des pesticides de 50% dans un délai de dix ans impliquerait, selon une simulation, que toute l'agriculture française passe en mode intégré. »

     Mais si cet objectif était respecté, voici les menaces énoncées par le rapport : baisse des rendements, malnutrition dans le monde, hausse des prix agricoles, résistance des ravageurs, signal négatif pour la recherche, disparition des productions de fruits et légumes…

    Les rapporteurs « rappellent les bénéfices de l'usage des pesticides et invitent les pouvoirs publics à anticiper les conséquences d'une diminution trop brutale de l'utilisation des pesticides en France ».

Le rôle cancérigène des pesticides est minoré

    Tout cela fait le terrain des amendements de la majorité, qui prévoient de conditionner la réduction de ces substances à une évaluation des potentiels effets économiques.

    Après avoir minoré la qualité comparée d'un aliment biologique et d'un aliment chargé de pesticides, ainsi que le rôle cancérigène des pesticides, le rapport évoque toutes les autres sources de perturbateurs endocriniens pour mieux dédouaner les pesticides.

    Quant aux maladies professionnelles avérées des agriculteurs, un opportun tableau de leurs expositions quotidiennes flèche d'autres sources de pathologie : le fuel de leur tracteur, les fumées, les poussières du champ, et même les UV, puisqu'ils travaillent en plein air.

    Et si une étude sur l'exposition domestique fait apparaître un surnombre de tumeurs du cerveau, les rapporteurs en concluent :

« Mais ce résultat est à prendre avec toutes les précautions d'usage d'autant que la question posée “Traitez-vous des plantes d'intérieur ? ” n'était pas assez précise et que les personnes ont très bien pu répondre par l'affirmative, qu'ils utilisent des insecticides, des engrais, des lustrants ou qu'ils ne font qu'arroser leurs plantes. »

    Visiblement, quand on ne veut pas entendre, on ne veut pas entendre !

    Pourtant, comme le note le Réseau environnement santé, « l'impact sanitaire des pesticides est avéré, il suffit de lire la littérature scientifique de façon non sélective. »

    Les recommandations ont sans doute été beaucoup plus éclairées par le médecin Etienne que par le vétérinaire Gatignol. Elles accompagnent le travail et comportent beaucoup plus d'éléments intéressants, comme l'augmentation de la recherche en toxicologie ou les registres cancers.

     Mais elles dissimulent des tentatives de déréglementation, la culpabilisation des apiculteurs -pour lesquels n'a pas été retenue ma proposition de les associer aux protocoles de recherche- ou encore la promotion des OGM.


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    La division par deux de l’utilisation des pesticides d’ici à 2050 faisait partie des engagements du Grenelle de l’environnement. Mais les dispositions prévues se contentent de mieux encadrer la vente, ainsi que l’application et les conseils d’utilisation des produits concernés. Mais, côté agriculteurs, le contexte de grave crise agricole a incité le gouvernement et surtout le président de la République à mettre un bémol aux résolutions vertueuses. Là aussi, les échéances politiques l’emportent sur l’environnement.

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Cyber @ction 348 : pour de vraies alternatives aux pesticides


Pour participer 1 simple CLIC ICI suffit
http://www.cyberacteurs.org/actions/form.php?id=77

Parce que l’usage des pesticides n’est pas une fatalité, nous avons décidé de prouver par l’exemple que l’on peut et que l’on doit se passer de ces toxiques !

En France et ailleurs, des collectivités, des entreprises, des associations et bien d’autres acteurs proposent des conférences, des projections de films, des débats, des expositions ou encore des spectacles, des sorties sur le terrain, des visites et portes ouvertes en jardins ou exploitations agricoles...

Toutes ces actions citoyennes démontrent que les risques sanitaires et environnementaux liés à l’utilisation des pesticides sont désormais inacceptables et que les alternatives aux traitements chimiques existent et qu'elles sont viables. près de ma maison

Depuis son coup d’envoi en 2006, cette initiative originale apparaît comme l’événement fédérateur et novateur qui permet de maintenir la pression sur les décideurs et prouver que l’on peut et que l'on doit aujourd’hui se passer des pesticides.

Nous vous proposons de vous associer à cette semaine en envoyant des cartes postales à destination des grandes surfaces (non aux pesticides dans mon caddies), des villes (non aux pesticides dans la ville et non aux pesticides dans mon assiette) et du ministère de l'agriculture (non aux pesticides dans ma maison).

Nous vous proposons de vous les appropier et les envoyer à votre maire, aux grandes surfaces et au ministère.

Pour nos adhérents à jour de leurs cotisations, nous proposons contre une enveloppe timbrée à votre adresse de vous faire parvenir une planche d'étiquettes adresses avec les différents dessins de la campagne que vous pourrez coller sur les enveloppes que vous utiliserez pour écrire à votre maire, aux grandes surfaces et au ministère ou pour coller sur votre boite aux lettres.

Malissa Phitthayaphone
Chargée de mission "semaine pour les alternatives aux pesticides"
MDRGF

http://www.semaine-sans-pesticides.fr


Sur le site
Cette cyber @ction est signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org/actions/form.php?id=77

non-dans-mon-caddie.jpg Par courrier électronique
C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :

1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les==========
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre  choix : ALTERNATIVES AUX PESTICIDES
5- Adressez votre message aux  adresses suivantes :
ministre@agriculture.gouv.fr
cyberacteurs@wanadoo.fr



6- Envoyez le message

Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au Ministre de l'Agriculture et à Cyber @cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.

==========
Prénom NOM
profession
adresse
code postal ville

Monsieur le Ministre,

Nous vous demandons solennellement d'oeuvrer pour la disparition des pesticides dans l'environnement et dans les produits que nous consommons.

Dans cette attente, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de nos sentiments respectueux. non-dans-ma-ville.jpg
==========
Par courrier

Pour vous permettre d'envoyer des courriers postaux aux différentes cibles de cette campagne, le MDRGF a réalisé 4 cartes postales.

Vous pouvez soit les imprimer vous-mêmes

voir recto
http://www.cyberacteurs.org/superactions/imagesetpdf/planche_carte_recto.pdf

voir le verso
http://www.cyberacteurs.org/superactions/imagesetpdf/planche_carte_verso.pdf

soit les commander

- 4  exemplaires 4 euros + une enveloppe timbrée à votre adresse
- 12 exemplaires   8 euros
- 48 exemplaires  35 euros
- 96 exemplaires 60 euros
- 192 exmplaires 100 euros
- 480 exemplaires 200 euros

Etiquettes autocollantes à découper


Vous pouvez soit les imprimer vous-mêmes
http://www.cyberacteurs.org/superactions/imagesetpdf/pesticides.pdf

Si vous nous envoyez une enveloppe timbrée à votre adresse, nous pouvons vous envoyer un jeu d'étiquettes autocollantes ( à découper ) avec ces dessins.

Si vous avez déjà apporté votre contribution (cotisation ou don) ou si vous le faites à l'occasion de cette action, nous vous ferons parvenir un jeu de 8 étiquettes autocollantes à découper (pour mettre sur les courriers que vous expédierez, sur votre boite aux lettres etc...) en prenant à notre charge les frais d'envoi.

Pour les commander
http://www.cyberacteurs.org/superactions/index.php


non-dans-mon-assoiette.jpg sur le terrain
retrouvez les actions de la semaine dans votre région
http://www.semaine-sans-pesticides.fr/france.php

Vous pouvez mettre vos commentaires éventuels concernant cette cyber @ction sur le forum
http://www.cyberacteurs.org/forum/viewtopic.php?f=19&t=9659


Donner à Cyber @cteurs, c’est une façon d'être partenaire des Réseaux qui se battent pour la préservation de l'environnement et les droits de l'être humain dans le monde. D'avance, MERCI ! Faire un don en ligne



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Alimentation "durable" : Est- ce nouveau ? cette notion est à toutes les sauces (!) faut-il encore être vigilant lorsqu'elle s'étale dans tout les magazines ?
Un rappel élémentaire de sa signification nous permettra de mieux "assaisonner" notre langage (l'éthymologie de "assaisonner", n'est ce pas d'accommoder un plat avec les produits de saison... ?)
On entend par alimentation durable une alimentation qui respecte toute une série de critères environnementaux (dans le but de diminuer l’impact de l’alimentation sur notre environnement), éthiques (pour permettre aux producteurs « du Sud » de percevoir une rémunération normale) et de santé (afin de consommer des aliments qui sont favorables à notre santé).
Il s'agit donc de privilégier des produits locaux et de saison, issus de l’agriculture biologique et peu emballés. On veillera à ce que le producteur perçoive une rémunération équitable.
Nous pourrions décliner chacun de ces critères,
mais nous vous suggérons d'aller débattre de ceci avec des intervenants
JEUDI 1er AVRIL
20h
Ecole supérieure de commerce
Alimentation

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Rappelons que le plan Ecophyto 2018 (site : info-pesticides.org) , mis en place par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche à la suite du Grenelle de l'environnement, vise à réduire de 50 % l'usage des pesticides (produits phytopharmaceutiques) en agriculture, à l'horizon 2018, si possible, tout en maintenant un niveau élevé de production (!).

 Les représentants des utilisateurs, des fabricants, des élus, des scientifiques, des ONG, des administrations ont constitué un groupe de travail.

Ce plan anticipe sur la Directive 2009/128/CE, parue au JOCE du 24 novembre 2009, qui instaure un cadre d'action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides h_9_ill_824709_pesticides.jpg compatible avec le développement durable. Il demande aux Etats membres d’adopter, avant le 14 décembre 2012, un plan d’action national fixant des objectifs, des mesures et un calendrier pour la réduction des risques liés à l’utilisation des pesticides.

 

Pour mieux saisir la compréhension  des agriculteurs et préparer ce plan, une enquête BVA commandée par le ministère de l’Agriculture et réalisée fin 2008 auprès de 1000 agriculteurs révèle que :

  • 80 % d’entre eux ont le sentiment de s’être déjà engagés dans une démarche de réduction de consommation phytosanitaire au cours des trois dernières années ;
  • 70 % limiteraient volontiers leur usage de produits si on leur en donnait les moyens en leur proposant des alternatives.
en savoir plus.



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