Avis n°118 de : Bertoni Gudie- 31460 Caragoudes - le 27/01/2010
Gudie Bertoni, Présidente de l’Association de Défense de la Vallée de la Saune, membre de Lauragais sans Autoroutes
Nous sommes -Contre toute nouvelle structure autoroutière en Lauragais -Ni rétrogrades, ni bobos, ni naïfs Depuis le début de ce débat public, en écoutant bien, il nous semble que ce projet 2x2 voies concédé ou non, est avant tout un projet de prestige, malgré tous les arguments sécuritaires, sanitaires, et même pseudo -écologiques qu’on a bien voulu nous présenter.
Or, après le Grenelle de l’Environnement, le Prestige n’est pas un argument qui serait acceptable pour la construction d’une nouvelle infrastructure autoroutière; donc contentons nous d’une amélioration raisonnée et raisonnable de la RN126. En écoutant bien, on peut entendre dans presque tous les arguments des décideurs réclamant l’autoroute le bruit d’un tiroir-caisse : on parle économie, rentabilité, efficacité, travail – et on oublie l’essentiel : la vallée du Girou ! Ce n’est pas parce qu’elle est « gratuite » et qu’elle a été depuis tout temps utilisée et modifiée parfois au détriment de sa qualité qu’il faut en faire n’importe quoi.
Comme le disent les spécialistes dans les études commandées par le Maître d’Ouvrage, il s’agit d’un couloir écologique important pour cette petite région agricole, qu’il conviendrait de prendre en considération – et d’étudier en profondeur (étude Savine p.66) car même dans les zones apparemment inintéressantes on trouve de l’intéressant, ne serait ce qu’une population, importante pour Midi-Pyrénées, de bergeronnettes printanières. « Time is money », pour les décideurs pressés. Soit. Mais ceux qui courent 11 mois dans l’année pour se payer 1 mois de vacances au bout du monde pour p .ex. admirer des orchidées exotiques, savent-ils seulement qu’en s’arrêtant une demi-heure à la saison au bord de la RN126, ils pourront observer des orchis, des ophrys, des loroglosses et d’autres orchidées bien de chez nous?
Savent-ils, ceux qui courent 11 mois de l’année pour aller observer pendant un mois des manchots dans des contrées lointaines que dans la vallée du Girou, il y a une faune riche et rare ? Des chauves souris, tritons marbrés et autres chevêches d’Athéna qui paient déjà un lourd tribut avec une simple route, telle la RN126… ?
Alors que dire d’une barrière de 6 voies au minimum ? S’il est légitime de prendre des vacances et de s’intéresser aux espèces lointaines, il faut cependant s’intéresser aussi aux espèces locales et les protéger. Mais ceux qui collent sur les étiquettes de leurs produits des appellations comme« naturel », ou même « bio », ne sont-ils pas coupés, par manque d’information, de cette nature qui les entoure comme l’est d’ailleurs une grande partie de notre société ? Le Maître d’Ouvrage dit que l’on peut remédier aux problèmes écologiques. Mais, s’il faut remédier, cela veut dire qu’on est confronté à quelque chose de malade et même pire !
La construction de la 2x2 voies et ses conséquences (construction de la voie, l’urbanisation qui s’ensuit) détruira irrémédiablement ce couloir déjà fragilisé… Une telle barrière (au minimum 6 voies avec la RN126 ou des voies de substitution à créer en plus !) ne couperait pas seulement en deux des villages, mais empêcherait aussi la circulation de la faune.
On rappelle que les plantes ne pouvant pas se déplacer par elles-mêmes seront forcément sacrifiées, une reprise hors de leur habitat originel étant plus qu’aléatoire. Les arguments du représentant de la société ARCOU pour la A19 (peut être indispensable et sans alternatives) concernant un projet nouvellement mis en service (juin 2009 ) et dont les conséquences pour la faune et la flore déplacée sont en voie d’études (pour 2010 et 5 ans après ,cf. lettre du débat public, Caraman) nous laissent sceptiques ; on ne nous a pas donné là de preuve de l’efficacité. De plus, il n’est pas sûr que le concessionnaire prenant en charge la LACT soit prêt à investir beaucoup plus, pour des raisons écologiques, pour une 2X2voies pas forcément rentable et pour laquelle il existe des alternatives. Le Maître d’ouvrage, peut-il garantir dès à présent que tout soit mis en œuvre pour que l’on ne voie plus errer des chevreuils le long de la clôture du contournement de Puylaurens ? Mais qui de ceux qui appellent de tous leurs vœux l ’autoroute, se soucient de cet aspect, puisque la vallée du Girou est gratuite ? Nous, si, qui sommes des espèces d’idéalistes écolos puisqu’il en faut, plus que jamais! Pour nous, le temps n’est pas de l’argent, le temps, c’est la vie !
Laissons vivre la vallée du Girou ! Respectons ce couloir écologique ! Une simple amélioration de la RN126 éviterait un énorme gâchis pour la nature. Et, pour certaines personnes influentes qui déplorent de ne pouvoir trouver de « pointures » pour leurs entreprises par manque d’autoroute, on peut citer une autre « pointure », celle de M. Robert Barbault, l’un des directeurs du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris : « Certains lobbies essaient de réduire l’écologie aux petits oiseaux, et de faire croire que c’est moins important que les enjeux financiers.
Or on ne peut pas dissocier l’économie de l’écologie. Cette crise est potentiellement explosive. Pour y remédier, il faut repenser le système d’impôts et de taxes dans les pays occidentaux, et instaurer un système général de « pollueur -payeur ». ( fin de citation : source : le journal 20 minutes, 12 janvier 2010). Cela sera valable aussi pour les autoroutes, leurs utilisateurs et - leurs constructeurs. Dans l’année de la biodiversité, on rappelle que nous faisons tous intrinsèquement partie de la Nature, qu’il convient donc de la protéger - et nous aussi par la même occasion.
Samedi 12 décembre 2009, le chef de file UMP-Majorité présidentielle pour les élections régionales en Midi-Pyrénées, Brigitte Barèges, s’est ainsi exprimée.
« En période de crise économique, il faut au contraire mettre en place un véritable plan de relance régional qui doit prévoir la création de voies de liaison et de transport indispensables par la route, comme le Grand contournement autoroutier de Toulouse, ou le rail, avec la ligne TGV. Le plan de relance régional doit aussi prévoir la création de bassins d’emploi associant industrie et recherche autour des deux grands pôles majeurs que sont l’aéronautique et l’agriculture. Enfin, il est temps de mettre en place une vraie politique de l’énergie hydraulique, en lançant la construction du barrage de Charlas. Nous devons par ailleurs apporter un soutien massif au développement de l’énergie solaire et du développement durable ainsi qu’à l’université et à la formation professionnelle. », a affirmé Brigitte Barèges.
« Il faut pour notre région de l’audace, du courage, des idées et une envie de les réaliser. Osons Midi-Pyrénées » a-t-elle conclu.
Le président du Parti Radical et Ministre du développement durable, Jean-Louis Borloo, ainsi que le sénateur maire radical de Revel, Alain Chatillon, avaient tenu à participer à l’événement par le biais d’un message d’encouragement et d’union.
Le débat public à REVEL
Réunion 19 novembre 2009.
Impressions générales :
Intervention de Gudie Bertoni, ADVS (association de défense de la vallée de la Saune), à Revel le 19/11/2009
Présentation : présidente de l’ADVS, association faisant partie de LSA (Lauragais sans autoroutes)
Thème I:
L’argument d’insécurité de la RN126 pour justifier la construction d’une 2X2 voies concédée ou non ne tient pas la route.
Source : L’étude d’accidentologie de la Dréal.
Or, la section 4 correspond à la section Cuq-Toulza : pour ce tronçon, dans le cadre de l’aménagement progressif de la RN126, une déviation est prévue ; les sections 9 et 11 correspondent respectivement à Cambounet et Saïx-Castres, donc il s’agit d’un problème urbain (où ont eu lieu 31 accidents sur les 85 au total).
Si l’on tient compte des faits à savoir
p.5 de l’étude, la déviation de Puylaurens n’était pas encore en service lors de l’élaboration de cette étude et qu’elle devrait éviter environ 10 accidents et
p.20 de l’étude, la courbe des accidents sur l’itinéraire se situe en dessous de la courbe des accidents de France et
p.21 de l’étude, il y a baisse de l’accidentologie depuis 2002,
Il nous semble qu’un aménagement raisonné et raisonnable des zones d’accumulation d’accidents devrait être suffisant pour sécuriser la RN126. Cela nous parait bien mieux qu’une 2X2 voies concédée ou non.
Thème II :
Alternatives à l’automobile- Autobus
Mon commentaire : Evidemment, si on ne veut rien faire, pour des raisons x ou y, rien n’évoluera.
C’est une très bonne chose et on applaudit des deux mains. Alors, pourquoi ne pas étendre ce concept pour des déplacements entre Toulouse, donc le Cancéropole, et Castres dont parlait un des intervenants ?
…
Et là, les 4 minutes étaient écoulés ! Je n’ai pas pu ajouter : « Ceci évitera des déplacements individuels en voiture fatigants et polluants et profitera non seulement aux individus, mais aussi à la cohésion au sein de l’entreprise.
Ce concept serait vraiment innovant et respectueux du développement durable, éviterait l’impact toujours négatif d’une autoroute – et pourrait, pourquoi pas, entraîner d’autres entreprises du secteur privé ou public, à imiter cet exemple.
L'ADVS s'adresse aux responsables de la voirie et aux élus. (mairies de -Caraman, Tarabel, Sègreville, Maureville, Caragoudes, Cambiac, Lauzerville, Préserville, Sainte-Foy d'Aigrefeuille, Quint-Fonsegrives ; aux instances du Conseil Général suivant : Secteur Routier Villefranche de Lauragais, Conseillers Agricoles Bouisset et Bruno (pour Caraman) et Berthier (conseillère pour Caraman/Lanta) ainsi qu'à la Communauté des communes Coeur Lauragais.
Aux responsables de la voirie
Aux Maires des communes concernées
Aux agriculteurs et à tous ceux qui travaillent la terre
Madame, Monsieur,
Consécutivement à un grand orage le 8 octobre 2009 au soir, nous avons constaté les effets de l’érosion dans la vallée de la Saune, et ce n’est malheureusement pas la première fois, notamment une grande coulée de boue au niveau du croisement des routes D 18 et D 11 dans la commune de Caragoudes
Cette coulée, gênant fortement la circulation, est actuellement en voie de résorption, les services techniques de la voirie y travaillent depuis plusieurs jours. Pour l’instant, ne restent plus que certains fossés complètement bouchés par la boue et un mince film sur la chaussée qui, si de nouvelles pluies arrivent, risquent de transformer cet endroit de la route en patinoire.
Au croisement cité, nous constatons que, malgré un enrochement et quelques arbres conservés sur le talus, le champ au-dessus de la route, notamment dans le virage vers Caraman, a été cultivé dans le sens de la pente jusqu’à l’extrême limite du possible sans qu’il y ait de bande enherbée ou de haie.
Nous estimons que, aujourd’hui, tous les propriétaires de terrains et les agriculteurs sont au courant des techniques propres à éviter ce genre de débordement, et ceci non seulement dans leur propre intérêt pour empêcher l’érosion de leur terre, mais aussi dans celui du contribuable qui se voit obligé de payer pour la réparation des dégâts sur la chaussée et le curage des fossés par la voirie.
La mise en place de deux cultures différentes sur les trop grandes longueurs de versant, de bandes enherbées et la plantation de haies et d’arbres par les agriculteurs sont des techniques susceptibles de limiter ces phénomènes d’érosion, comme le montrent les aménagements effectués par d’autres riverains de la D18 près du lac d’Aigrefeuille ou, plus à l’intérieur des terres, au village de Beauville.
A notre regret, l’application de ces techniques reste encore trop restreinte et les conséquences sont actuellement à nouveau visibles.
Alors, où en sommes-nous très concrètement des incitations auprès des agriculteurs pour éviter ce gâchis réitéré en appliquant des techniques de culture appropriées ?
Où en sommes nous de la gestion des talus (le propriétaire ou le contribuable via les services des collectivités locales ), de la responsabilisation de tous les acteurs ruraux ?
L’ Association de Défense de la vallée de la Saune (ADVS) estime que nous sommes tous concernés par les changements climatiques en cours,(augmentation de la sécheresse suivie d’orages et tempêtes parfois très localisés dont la violence va en croissant) ; il va de la responsabilité de chacun de prévenir les problèmes d’érosion dans notre secteur, car ils peuvent causer des dégâts matériels aux jardins et aux propriétés et dans les cas les plus graves des accidents de la circulation.
Madame, Monsieur, nous vous serions donc très reconnaissants de bien vouloir, d’une part, nous donner quelques éléments de réponses à nos questions, et, d’autre part, dans le cadre de vos fonctions, sensibiliser à ce problème tous ceux qui travaillent la terre afin que nous puissions vivre et circuler en sécurité dans cette vallée de la Saune qui nous est chère.